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Dogville |
Tom qui s’est octroyé le rôle de porte-parole de la ville, proposera aux citoyens d’aider à cacher Grace pour la protéger des gangsters qui la poursuivent. Grace, de son côté, encouragée par Tom, offrira son aide aux gens de Dogville ; aide qui, dans un premier temps, sera refusée systématiquement sous prétexte de n’en avoir pas besoin. Grace jouera d’ingéniosité et fera découvrir à chacun une petite tâche "inutile" dont elle pourrait s’acquitter. Une lueur de bonheur commencera ainsi à poindre dans la petite bourgade. Sur le coup, l’idée de Tom semble porter fruit.
Cependant, suite à un, puis à deux avis de recherche affichés par les autorités, l’atmosphère se dégradera rapidement autour de Grace , les gens lui réclamant de plus en plus de "services" en échange de celui de la "sauver" des gangsters. La dégradation se poursuivra jusqu’à l’absurde à travers la méchanceté et les abus de chacun à vouloir prendre avantage de la situation. Mais Grace a un secret, un secret qui sera fatal aux habitants de Dogville qui ont abusé d’elle...
Ce film est un tour de force et un bijou d’ingéniosité. Entre le livre, le théâtre, le mime, la radio et le cinéma, dont il tire le meilleur, il réussit à faire transiter l’imagination au-delà des formes.
La première scène, une vue en plongée d’un village surréaliste composé de cellules dont les divisions sont dessinées à la craie sur le sol d’un hangar, nous donne tout de suite l’impression d’être les voyeurs du quotidien d’une population de rats en cage.
Véritable voyage dans la nature (in)humaine du quotidien morbide d’une petite communauté morne et sans envergure, ce film illustre merveilleusement bien comment la mesquinerie, la petitesse l’avidité, l’orgueil et la méchanceté consciente et inconsciente des gens en viennent à chasser systématiquement tout ce qu’il y a de beauté, de bonté, de bonheur et d’amour dans la vie.
Ce film illustre magistralement et d’une façon totalement originale comment et pourquoi l’humanité en est arrivé à détruire son environnement jusqu’à mettre sa propre existence en péril. L’allégorie du retour du père tout-puissant qui revient chercher sa fille bien-aimée pour la trouver prisonnière, abusée, trahie et aux mains d’êtres misérables, nous renvoie l’image de notre civilisation, de son histoire, de son jugement, de sa condamnation et de son exécution.
L’existence même d’un tel film nous montre qu’il y a heureusement aussi des êtres d’une grande qualité d’âme qui réussissent malgré tout à concevoir, produire et diffuser de tels chefs-d’oeuvre cinématographiques.
À voir absolument !
Version française : Dogville
Scénario : Lars Von Trier
Réalisateur : Lars von Trier
Distribution : Nicole Kidman, Paul Bettany, Harriet Anderson, Philip Baker Hall
Durée : 177 minutes
Sortie : 21 mai 2003
Sélection officielle Cannes 2003
Studio/Distributeur : Les Films du Losange
Lieux de tournage : Trollywood, Trollhättan, Västergötland, Suède.