Cyme Magazine

 

Lettre ouverte au Journal culturel Graffici

 

À l’attention de M. Frédéric Vincent, rédacteur en chef du Journal culturel Graffici,

Tout d’abord, nous voulons vous féliciter, vous et toute votre équipe, pour le travail admirable et la mission vitale que vous vous êtes donnée. Vous êtes une source d’inspiration, d’espoir et un lien de communication essentiel pour tous les artistes et tout le milieu culturel gaspésien. Pour nous, Graffici représente la voix de la culture en Gaspésie, cette Gaspésie qui se cherche désespérément depuis si longtemps et à qui vous proposez la mise en valeur de ce qui, à notre avis, a le potentiel de lui assurer un avenir prospère et durable : la mise en valeur de ses créateurs et de ses visionnaires.

C’est à ce titre que nous voulons attirer votre attention sur notre propre histoire et sur notre situation en Gaspésie.

Présentation :
Georges et Cerika
Nous sommes un couple d’artistes technologues, multidisciplinaires, et musiciens qui oeuvrons hors des circuits dits "officiels " de la culture depuis très longtemps. Nous pourrions très facilement nous définir comme une force émergente de la "pro-culture" (par opposition à cette dénomination de "contre-culture" en marge de laquelle nous avons également toujours été.) Nous nous plaisons à appeler cette force émergente de la "pro-culture : la "marge de la marge". C’est cette force, à notre avis, qui commence actuellement à s’incarner via la nouvelle génération de visionnaires et de créateurs et ce, assisté par les nouveaux moyens de production et de diffusion liés aux nouvelles technologies. Nous vivons un moment vital car les voix, qui n’avaient jamais vraiment eu droit à la parole, commencent peu à peu à se faire entendre et à s’imposer, comme celles qui apporteront les solutions les plus dynamiques, viables et rentables pour toute la société si cette dernière veut survivre et prospérer écologiquement et éthiquement.

Signet de la P’tite Ecole de Mt-St-Pierre - 23.1 ko
Signet de la P’tite Ecole de Mt-St-Pierre
 
Nous en sommes à notre deuxième "expérience" de migration en Gaspésie. La première avait donné naissance à l’ouverture de la Galerie d’Art-Spectacle "La Petite École de Mont-St-Pierre" en 1993-1994, un concept tout à fait révolutionnaire : studio d’enregistrement, magasin de musique, boutique d’art et surtout vernissages et spectacles "Live". Ces évènements quotidiens étaient totalement soutenus par la générosité des visiteurs et des spectateurs via un système de donation volontaire, et ce, dans un atmosphère festive et participative jamais osée en Gaspésie ou ailleurs. Les "moments culturels" collectifs et magiques de l’été 93 sont restés gravés dans l’imagination de tous ceux et celles qui ont eu la chance de goûter à la "culture" dans cette atmosphère, purifiée du mercantilisme fatal que notre société semble vouloir s’obstiner à attacher à toutes ses entreprises pour en faire des produits de consommation jetables et non des "moments de vie et de culture", gravés à jamais dans la fibre humaine des êtres à qui elle s’adresse. Comme bien des initiatives "originales", cette initiative a dû se terminer surtout faute de "soutien" moral de la part des autorités et du milieu commercial local de l’époque qui nous consiréraient plus comme une compétition que comme une "initiative culturelle amie". On ne peut aujourd’hui que constater les effets dévastateurs qu’a eu cette attitude sur l’économie locale de cette petite municipalité de la "Haute-Gaspésie".

À l’automne 1994, nous avons dû quitter Mont-St-Pierre presqu’en catastrophe à bord d’un autobus scolaire que nous avions aménagé de façon à pouvoir tourner notre nouveau spectacle. Créé dans nos studios de Mont-St-Pierre, le spectacle "Voyage au fil du Temps", s’est promené pendant un an, au Québec et en Acadie. De là, naîtrons 3 albums CD "live" à partir d’une sélection des enregistrements numériques effectués dans des lieux culturels aussi variés que le "Brise-Bise" de Gaspé, le "Rhinocéros" de Rimousk, le "Bulldozer" de St-Sauveur-des-Monts et "Chez Coco" de Val-David.

Vivre une année entière dans un autobus en traversant les 4 saisons du Québec nous a emmené jusqu’aux confins de l’épuisement. C’est dans la région du Bas-St-Laurent qu’en 1996 nous trouvons refuge pour les 9 années suivantes. S’ensuivit une période d’auto-formation intensive basée sur l’approfondissent et la maîtrise des nouvelles technologies digitales de l’information : création de services web et multimédia, participation à la création d’un centre d’accès communautaire à l’internet dans le bas-St-Laurent, création et déploiemement d’un cours approfondi de formation de base à l’informatique, à Windows et à l’internet, mise à jour d’un studio d’enregistrement digital et de masterisation aux normes 24bit/96khz, écriture et enregistrements de nouveau matériel original, deux albums issus d’une expérience d’écriture poétique "(Voyageur de l’intérieur" et "J’timagine"), masterisation et publication des 3 albums CD de notre tournée 95 et l’écriture d’un tout nouveau spectacle original : "Humanitou". Ceci sans compter toute la recherche, le travail et la production originale de Cérika relativement aux arts lapidaires, à la bijouterie et à la symbolique des talismans.

Talisman par Cerika - 12.8 ko

Talisman par Cerika

À l’automne 2004, nous récidivons en Gaspésie, armés de nos nouvelles connaissances, de nos technologies et des équipements culturels assemblés au fil du temps, mais cette fois-ci dans le cadre d’une approche possible au travail d’accueil humanitaire et d’aide aux jeunes délinquants des villes via un organisme de Drummondville et de son nouvel avant-poste situé à Mont-Louis, Gaspésie.

Aujourd’hui, faute d’une volonté réelle de soutien de la part de cet organisme, nous devons à très court terme trouver moyen de relocaliser nos installations et de se réorienter avec de nouveaux partenaires. Notre toute dernière initiative touche la conception et la mise sur pied de portail, d’intranets, d’extranet et d’environnements interactifs de travail collaboratif, de systèmes de publication pour l’entreprise privée, le système d’éducation ainsi que pour les organismes communautaires et culturels, le tout totalement gérable via l’internet. Le dernier-né de cette expérience est visible sur le Web à l’adresse suivante : http://www.cyme.org/magazine.

Nous collaborons également activement avec l’organisme responsable du Festival des Arts Indisciplinés Région de l’Est (F.A.I.RE.) dans le cadre de l’organisation de l’édition 2005 de leur festival et de la Fête des Villes et Villages de la "Haute Gaspésie" à titre de conseillers techniques, membre du conseil d’administration et artistes, nommément avec la présentation de la version "Live" de notre nouveau spectacle "Humanitou".

Et c’est donc en ce moment crucial pour nous et pour toute la culture que nous faisons appel à vous ainsi qu’aux forces de soutien du milieu auxquelles vous pouvez avoir accès qu’ils soient de nature privée, publique ou autre. Notre route s’est arrêtée ici au coeur de la "Haute Gaspésie" et c’est avec tout l’espoir du monde que nous nous tournons maintenant vers vous et vers toutes les "forces vives " de la culture et de l’économie pour vous lancer cet appel à faire connaître notre situation et notre quête de soutien. En tant qu’éternels travailleurs autonomes, nous ne bénéficions d’aucune aide gouvernementale sous quelque forme que ce soit et à vrai dire, n’en espérons aucune non plus étant donné le contexte politique actuel au Québec. Comment avons-nous réussi à survivre et à nous développer à ce point sans aide ? À vrai dire, notre histoire tend à prouver l’existence d’un être suprême qui nous a secouru et soutenu tout au long de notre aventure jusqu’à aujourd’hui, car nous-mêmes avons peine à comprendre le comment de notre propre aventure. Nous ne cherchons pas une forme quelconque de charité, mais plutôt la chance d’entrer en contact et de collaborer avec des éléments déclencheurs, des partenaires, des indices pour guider nos pas à partir d’ici. Notre amour du travail collaboratif et les moyens techniques à notre disposition font de nous de bons candidats à la génération de nouvelles alliances et d’initiatives qui pourraient très facilement et très rapidement bénéficier à tous les partis impliqués.

En espérant que ces quelques mots sauront trouver un écho chez-vous et chez tous ceux et celles qui peuvent intervenir maintenant pour nous prêter main forte dans cette grande mission de mise en valeur de la culture et de l’humanité que nous partageons avec tous les êtres humains dignes de ce nom sur cette petite planète bleue, en phase de devenir village global.

Vous pouvez nous joindre par courriel Nous nous ferons un plaisir de répondre à toutes demandes d’information supplémentaires que vous jugerez bon de nous communiquer.

Merci d’avoir pris le temps de nous lire.

Georges et Cérika